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Germain Nouveau 1851-1920, le poète illuminé, né et mort à Pourrières.

Notre poète local à été mis à l'honneur lors d'une exposition lui étant entièrement consacrée : 'Germain Nouveau, l'ami de Verlaine et de Rimbaud' à la bibliothèque Méjanes d'Aix-en-Provence, du 2 octobre au 31 décembre 2021.

En résonance avec cet événement, les 12 et 13 novembre derniers, la commune a souhaité lui rendre hommage à travers plusieurs rendez-vous.
C’est l’occasion de revenir sur le parcours singulier de celui qui, 100 ans après sa mort, reste un personnage mystérieux.

Fils d’Augustine Silvy et de Félicien Nouveau, propriétaire terrien puis fabricant de nougats à Paris et de pâtes alimentaires à Aix, aîné d’une fratrie de quatre enfants, Germain Nouveau voit le jour à Pourrières le 31 juillet 1851.

A l’âge de sept ans, il perd sa mère de phtisie (tuberculose) puis son père de la variole. Il sera alors élevé par son grand-père paternel « Le Guerrier » et son grand-père maternel, Paul Silvy.

Envisageant lors de ses études au Petit Séminaire d’Aix, puis au collège Bourbon (Lycée Mignet), d’entrer dans les ordres, il y renonce avant de s’installer à Paris en 1872 et d’y publier dans la revue « Renaissance littéraire et artistique » un de ses premiers poèmes, « Sonnet d’été ».

La vie de bohème des artistes de l’époque, se fréquentant dans les cafés de la ville lumière, lui permet de nombreuses rencontres (Mallarmé, Jean Richepin, Charles Cros...) ainsi que la fréquentation des « Zutistes », peintres, poètes et musiciens, rebelles et anticonformistes. Ils se réunissaient régulièrement à Saint-Germain-des-Prés. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il fera une rencontre importante, celle d’Arthur Rimbaud avec qui il embarquera en mars 1874 pour l’Angleterre.

Installés au 178 Stamford Street, le duo découvre la vie londonienne. C’est entre février et juin 1874 que s’écrivent les textes regroupés sous le titre « Illuminations », œuvre majeure de la poésie française.

En 1875, Germain Nouveau reçoit de Verlaine des poèmes en prose, probablement le manuscrit définitif des illuminations. Cette année-là, il fait la rencontre de Verlaine à Londres. Leur visite de la maison de Saint Benoit Labre, à Amettes, marquera Germain Nouveau, il éprouvera les premières manifestations de la Grâce Divine.

A partir de 1878, il partage son temps entre le Ministère de l’instruction public et des piges dans la presse. Mais le virus du voyage le reprend et en 1883 il s’installe au Liban où il enseigne le français et le dessin. Renvoyé pour avoir séduit la mère d’un étudiant il rentre en France, publie des textes inspirés de son voyage (Sonnets du Liban) et s’installe à Paris où il enseigne le dessin au prestigieux lycée Janson-de-Sailly. C’est lors d’un cours que, devant des étudiants médusés, il est frappé de folie mystique et doit être interné à l’hôpital de Bicètre en 1891.

Cette crise, suivie de nombreuses autres, l’isole peu à peu du Monde et, c’est à partir de ce moment, qu’il commence une vie d’errance, pèlerin, mendiant de Rome à Saint-Jacques de Compostelle, tentant de vivre de sa peinture, avant de revenir mourir à Pourrières de jeûne prolongé en 1920 dans sa maison de la rue de La Barraque qu’il avait baptisé « La Tour Gombert ».

Particulièrement apprécié des surréalistes sur lesquels il eut une forte influence, celui que Louis Aragon considérait comme un poète majeur du 19ème siècle (« Non un épigone de Rimbaud : son égal » dit-il en 1948), s’est opposé à la publication de ses œuvres de son vivant. C’est à son insu et contre sa volonté que « la Doctrine de l’amour » parait sous le titre « Savoir aimer » et plus tard sous le titre « poèmes d’Humilis ». Il reniera ce recueil de poésies après son achèvement en 1881, considérant qu’il est le reflet de connaissances théologiques faibles.