logo720x4202

14 Juillet : discours de M. le Maire

140722

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les élus,

Messieurs les membres de la Police Rurale,

Messieurs les membres du CCFF,

Messieurs Les Sapeurs-Pompiers,

Chères Pourriéroises, chers Pourriérois, chers amis,

Je voudrais commencer par rappeler le sens de cette date du 14 juillet que nous fêtons aujourd’hui.

Comme vous le diront les historiens, nous fêtons non seulement la prise de la Bastille, mais aussi et surtout la Fête de la Fédération, qui s’est déroulée un an plus tard, à Paris, sur le Champ-de-Mars.

Contrairement à ce que pensent beaucoup, ce n’est pas la révolte que nous commémorons aujourd’hui, mais bien la cohésion nationale. Nous sommes rassemblés autour de quelque chose de bien éloigné de la haine ou de la rancœur. Nous célébrons aujourd’hui un symbole fort : celui de la concorde nationale.

Nous fêtons dans toute la France ce 14 juillet 1790, date à laquelle, certes, les français se sont rappelés la prise de la Bastille, mais c’est la volonté pour chacun de clore la Révolution qui s’est manifestée lors de cet événement décisif de l’histoire de la Nation.

Cette Révolution, entamée de façon pacifique avec l’ouverture des Etats généraux par le roi Louis XVI, a permis la proclamation des Droits de l’homme, naturels et imprescriptibles, droits qui sont aujourd’hui bien souvent remis en question, déformés ou mal compris.

Comme nous le rappelle la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ces droits naturels et imprescriptibles sont : la liberté, le droit au respect de la propriété privée, la sûreté, autrement dit la sécurité des personnes et des biens, et enfin la résistance à l’oppression, comme le proclame l’article deux de la Déclaration.

Le 14 juillet 1790 voit se former un immense cortège composé des fédérés, c’est-à-dire les députés, et les délégués de tous les départements qui gagnent la vaste esplanade du Champ-de-Mars. On y compte près de 300.000 Parisiens, ce qui est sans aucune mesure avec les 600 hommes qui prenaient la Bastille un an auparavant.

Au Champ-de-Mars, autour du roi et de trois cents prêtres, venus suivre la messe célébrée à l’autel de la Patrie, c’est bien la Nation tout entière qui était présente.

Si l’évêque Talleyrand, qui célébrait la Messe, ne se cachait pas, ironie du sort, d’être totalement athée, il est certain qu’il croyait au moins en la Nation. C’est La Fayette qui vint ensuite prêter serment, en tant que commandant de la garde nationale, et j’aimerais rappeler quels furent ses mots :

« Nous jurons de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité.»

Cette fête du 14 juillet fut aussi celle du serment sur la toute récente constitution, ce texte suprême visant à protéger le peuple en toutes circonstances.

Bien que la Révolution n’ait pas institué la démocratie directe mais un régime représentatif composé d’élus, la volonté du peuple, que ces derniers sont censés incarner, a toujours été la clé de voûte d’un système au service de la concorde nationale et de l’intérêt général.

C’est, dans ce contexte, aux fédérés de 1790 et aux serviteurs de la Nation que je souhaite aujourd’hui rendre hommage. Je souhaite dédier cette journée patriotique non aux divisions mais au rassemblement, à l’unité, au service de l’intérêt supérieur de la Nation, à travers la République, c’est-à-dire la res publica, la chose publique, celle qui concerne tous les Français.

Un mot sur la citoyenneté. Dans un monde où la Nation est oubliée, mise de côté au profit de superstructures dont européennes, ce jour est l’occasion de rappeler que c’est évidemment le cadre de la Nation qui garantit les droits et libertés qui nous sont si chers.

Il existe depuis toujours une différence entre citoyens et non-citoyens, et c’est une distinction essentielle, fondatrice, qui naquit avec la démocratie athénienne, puis la République française. Soyons toujours conscients des principes fondateurs de notre République, et que c’est parce que nous sommes français que nous sommes libres.

Revenons quelques instants aux moments que nous vivons.

C’est désormais manifeste : nous allons devoir apprendre à vivre avec une part de plus en plus grande d’incertitude.

Car, avec la pandémie mondiale de Covid qui dure depuis le début d’année 2020 et ses conséquences, nous sommes confrontés à un contexte social difficile.

Avec la sécheresse que nous vivons, l’urgence écologique se rappelle dramatiquement à nous, la guerre en Ukraine, au cœur de l’Europe et qui conduit à des bouleversements géopolitiques difficiles. Une situation qui peut être périlleuse pour la démocratie, mais qui fait naître aussi de nouvelles aspirations à un monde plus responsable et plus solidaire.

En effet, comme on l’a souvent constaté, lorsque la vulnérabilité s’accroît, chacun prend conscience de l’importance des liens entre voisins, entre générations, entre territoires...

C’est pourquoi, face au danger, il faut tout faire pour encourager cette tendance et endiguer le risque de repli sur soi très perceptible.

Parce qu’une société fragmentée est une société désarmée…

Mais une telle démarche ne se décrète pas, elle ne peut émaner des seules autorités publiques ou parapubliques. Elle doit nécessairement reposer sur les citoyens à travers leur propre engagement.

Cela nous invite à une lecture beaucoup plus ambitieuse de la citoyenneté, qui ne peut plus seulement s’exprimer à travers le droit de vote et l’impôt. Osons l’affirmer : être citoyen c’est aussi être plus attentif aux autres, développer l’entraide spontanée, favoriser le respect mutuel.

Et c’est souhaité, comme on a pu l’observer durant le plus dur de la crise sanitaire, avec une efflorescence d’initiatives solidaires engagées par nos concitoyens. Et à Pourrières collectivement nous avons été au RDV. Merci…….

Mais face aux crises il faut aller beaucoup plus loin. En effet, beaucoup de personnes voudraient agir, et j’en vois qui me sollicite des citoyens que l’on ne voit pas, mais empreints de beaucoup d’humanité, mais qui ne savent souvent pas comment s’y prendre, redoutent le regard social ou tout simplement ne se sentent pas légitimes. Et souvent des gens qui ont été ou sont touchés par le contexte économique et social, comme des femmes et des hommes qui ont subi des épreuves.

De ce fait, l’engagement citoyen n’apparaît pas pour ce qu’il pourrait être : un mouvement de fond qui consolide la société, en rétablissant des rapports de confiance entre habitants d’une même ville ou d’un même village comme chez nous.

Car plus globalement, la citoyenneté ne peut s’épanouir sans une perspective stimulante, la fraternité, et inversement celle-ci ne peut s’enraciner sans l’engagement individuel de toutes et tous.

Une conviction que nous, associations d’élus locaux, partageons. Car nous sommes soucieux de faire face collectivement à ces nouveaux défis en renforçant la cohésion de la société.

Pour nous les élus locaux, les maires, toute journée conviviale et festive pour valoriser la citoyenneté et la fraternité y contribue.

Il nous faut en lancer de nouvelles initiatives solidaires, éducatives, culturelles, festives… Pour mettre en relief toutes les actions de solidarité engagées localement.

Je me pose la question depuis quelques temps : la question de confier cette mission à un ou une jeune volontaire du service civique. Je vous le proposerai mes chers collègues élus à la rentrée.

Un ou une jeune pour favoriser des rencontres inédites et montrer d’avantage la richesse de l’ouverture aux autres, avec une personne qui a le souci de nos concitoyens, et qui ait pour ambition au-delà de nos divergences, de faire de la liberté et de l’égalité le terreau de la fraternité et du lien social à rétablir.

Vive la citoyenneté, Vive la concorde nationale, et Vive la France !

error: Contenu protégé